Micro-foncier ou régime réel : lequel choisir ?
Les loyers d'une location vide sont imposés soit au micro-foncier, avec un abattement de 30 %, soit au régime réel, qui déduit les charges réellement payées. Voici comment fonctionne chacun, à partir de quand le réel devient plus intéressant, et ce qu'il faut savoir avant de choisir.
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Le micro-foncier : un abattement de 30 %
Si l'ensemble des revenus fonciers bruts de votre foyer ne dépasse pas 15 000 € sur l'année, vous relevez automatiquement du micro-foncier. Vous déclarez le montant brut de vos loyers, hors provisions pour charges, et l'administration applique elle-même un abattement forfaitaire de 30 %, censé couvrir toutes vos charges. Aucune charge réelle n'est déduite, et aucun déficit n'est possible.
Le régime réel : les charges réellement payées
Au réel, vous remplissez la déclaration n° 2044 et vous déduisez de vos loyers les charges que vous avez payées, par exemple :
- les frais de réparation et d'entretien, et les travaux d'amélioration ;
- les provisions pour charges de copropriété ;
- les frais de gestion et les primes d'assurance ;
- les intérêts d'emprunt ;
- la taxe foncière.
Au-delà de 15 000 € de revenus fonciers, le réel s'applique d'office. En dessous, il faut le choisir : ce choix est irrévocable pendant 3 ans et vaut pour l'ensemble des revenus fonciers du foyer.
À partir de quand le réel est-il plus intéressant ?
Au micro-foncier, la base imposable vaut 70 % des loyers. Au réel, elle vaut les loyers moins les charges. Le réel devient donc plus intéressant dès que vos charges déductibles dépassent 30 % de vos loyers.
Le réel est plus avantageux si : charges déductibles > 30 % des loyers
| Pour une année | Exemple 1 | Exemple 2 |
|---|---|---|
| Loyers, hors charges | 9 600 € | 9 600 € |
| Charges déductibles | 2 400 € | 4 200 € |
| Base au micro-foncier (70 %) | 6 720 € | 6 720 € |
| Base au régime réel | 7 200 € | 5 400 € |
| Le plus favorable | Micro-foncier | Régime réel |
Dans le premier exemple, la taxe foncière, l'assurance, les charges de copropriété non récupérables et 600 € d'intérêts d'emprunt représentent 25 % des loyers : le micro-foncier l'emporte. Dans le second, avec 2 400 € d'intérêts, les charges atteignent près de 44 % des loyers : le réel fait baisser la base imposable de 1 320 €. L'impôt se calcule ensuite sur cette base, à votre taux d'imposition, plus les prélèvements sociaux.
Le déficit foncier
Au réel, si vos charges dépassent vos loyers, vous constatez un déficit foncier. Les loyers servent d'abord à compenser les intérêts d'emprunt. La part du déficit due aux autres charges s'impute sur votre revenu global, dans la limite de 10 700 € par an ; le surplus, et la part due aux intérêts, se reportent sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes.
Exemple : 9 600 € de loyers, 2 400 € d'intérêts d'emprunt, 12 000 € de travaux et 1 800 € d'autres charges. Le déficit est de 6 600 €. Les loyers couvrent les intérêts : tout le déficit vient des autres charges, et les 6 600 € s'imputent sur le revenu global.
Pour des travaux de rénovation énergétique qui font passer un logement d'une classe E, F ou G à une classe A, B, C ou D, cette limite peut être portée jusqu'à 21 400 €, pour des travaux dont le devis a été accepté à compter du 5 novembre 2022 et payés entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2027. Dans tous les cas, si le logement cesse d'être loué dans les 3 ans qui suivent l'année de l'imputation, la déduction est remise en cause.
Et en location meublée ?
Les loyers d'une location meublée relèvent d'un autre régime, celui des bénéfices industriels et commerciaux. Le micro-BIC applique un abattement de 50 %, jusqu'à 77 700 € de recettes pour 2025 et 83 600 € pour 2026 en location meublée de longue durée. Au réel, en plus des charges, on amortit le logement et les meubles : c'est l'objet du guide Amortissement en LMNP.
Dans Assetimmo, l'écran Fiscalité compare chaque année le micro-foncier et le régime réel à partir de vos loyers encaissés et de vos charges, calcule le déficit et prépare les lignes de la déclaration 2044, avec la formule Essentiel. Voir la fonctionnalité
Questions fréquentes
Le micro-foncier s'applique-t-il automatiquement ?
Oui, si l'ensemble des revenus fonciers bruts de votre foyer ne dépasse pas 15 000 € sur l'année. Vous déclarez le montant brut, et l'abattement de 30 % est appliqué par l'administration.
Combien de temps engage le choix du régime réel ?
Trois ans : l'option est irrévocable pendant cette durée et s'applique à l'ensemble des revenus fonciers du foyer.
Les intérêts d'emprunt peuvent-ils réduire le revenu global ?
Non. Les loyers compensent d'abord les intérêts ; si les intérêts dépassent les loyers, cette part du déficit se reporte uniquement sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Que se passe-t-il si j'arrête de louer après avoir imputé un déficit ?
Si le logement cesse d'être loué dans les 3 ans qui suivent l'année de l'imputation, la déduction sur le revenu global est remise en cause.
Sources : Service-Public.fr, « Revenus fonciers : location vide » ; BOFiP, BOI-RFPI-BASE-30-20, imputation des déficits fonciers ; Service-Public.fr, « Revenus d'une location meublée ». Règles vérifiées le 14 octobre 2026. Ce guide donne une information générale et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal.
Le bon régime, calculé avec vos chiffres
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